Le sommeil est l’un des premiers soucis des parents. Avant tout, rappelez-vous de cette règle : vous ne pourrez pas faire dormir votre enfant. C’est elle/lui et seulement elle/lui qui pourra le faire. Les maîtres-mots sont donc coopération et encouragement mais aussi régularité.

1) le rituel pour entrer avec douceur dans la phase calme du sommeil :

Les enfants ont besoin d’un rituel qui les aide à entrer dans la phase calme du sommeil. La régularité crée un sentiment de sécurité, indispensable pour s’endormir facilement.

Offrez à votre enfant la possibilité de participer à l’élaboration du rituel.

Faites le tableau du rituel du soir ensemble si son âge le permet. Demandez-lui tout ce qu’il y a à faire avant d’aller au lit. Inscrivez dans l’ordre, sur une affiche, les différentes étapes. Utilisez des images claires ou, si votre enfant déchiffre déjà les mots, accompagnez les images de mots. Assurez-vous que vous avez un temps commun juste avant d’éteindre la lumière pour faire des câlins et discuter ou lire ensemble. Enfin, accrochez l’affiche sur la porte de la chambre à hauteur de son regard.

Voici un exemple de rituel :

  1. pyjama
  2. brosser les dents
  3. toilettes
  4. lecture avec parent et après quelques minutes, seul si l’enfant sait déjà lire.
  5. câlins / berceuse.

Le temps à deux : un temps à ne pas négliger

Un besoin pour votre enfant

L’enfant a besoin d’un temps calme avec vous. Des fois, vous êtes fatigué/e et vous voulez juste le mettre au lit pour pouvoir vaquer à vos occupations, ce qui est tout à fait compréhensible. Ce n’est cependant pas la méthode la plus efficace pour satisfaire vos besoins et ceux de votre enfant.

Votre enfant demande ce dont il a besoin pour se sentir heureux et grandir : du lien, de l’attention, de l’amour. Nos journées sont tellement remplies que les enfants en manquent parfois et une fois les sources d’excitations disparues, ils éprouvent ce manque et ont besoin de le combler pour s’apaiser vraiment et trouver le sommeil.

Votre enfant utilisera ses dernières ressources pour vous demander d’être là à ses côtés. La plupart du temps, ce sera de manière détournée. Moins vous l’entendrez, plus il/elle réclamera ce dont il/elle a besoin. La tension risque de monter. Finalement, aucun de vous d’eux ne va obtenir ce qui lui est nécessaire. Pour les mêmes raisons, n’utilisez jamais ce moment privilégié pour marchander (Si tu n’es pas sage il n’y aura pas de câlin ce soir). Votre enfant a le droit à votre attention. Donnez-la-lui et soyez totalement présent/e avec lui/elle. Votre enfant sait si vous avez la tête ailleurs.

Un besoin pour vous

Et vous savez au fond de vous que si vous aviez tout le temps du monde, si votre attitude n’était pas dictée par des contraintes extérieures, vous lui donneriez volontiers ce dont il a besoin. Il ne s’agirait pas seulement de répondre à son besoin mais aussi de vous faire plaisir parce que ces moments sont privilégiés et vous les appréciez.

Ainsi, les enfants sont des sages. Ils écoutent leur corps et nous invitent à écouter le nôtre. En nous rappelant ce qui contribue à notre bien-être, ils nous aident à compenser pour notre tendance à nous laisser emporter par nos obligations. Et pour votre bien-être à tous deux, souvenez-vous ceci : 20 secondes de câlins déclenchent l’ocytocine et renforcent le lien.

Attention ! Bien sûr, il est important de faire comprendre que vous avez également besoin d’un moment pour vous ou avec votre partenaire après. Expliquez calmement. Votre enfant ne comprendra peut-être pas exactement la première fois mais intrègrera, à force de répétition que c’est important pour vous.

Tout changement est à aborder progressivement

Les premiers soirs, lisez ensemble les diverses étapes du rituel. Une fois le rituel entamé, encouragez votre enfant à regarder après chaque étape, celle qui est indiquée à la suite. Vous pouvez procéder ainsi une semaine. Puis la deuxième semaine, invitez votre enfant, après chaque étape, à se souvenir de l’étape qui suit.

L’élaboration à deux (ou en famille) du rituel et cette manière de plus en plus autonome de suivre les étapes va permettre à votre enfant d’intégrer les différents stades. En outre, vous allez retrouver de la sérénité car il/elle a toutes les clés en main pour se débrouiller seul/e. Surtout, vous avez extériorisé l’aide qui le/la fait passer d’une étape à l’autre. Ce n’est plus vous; c’est son affiche. Asseyez-vous et regardez -le/la agir, appréciez son autonomie grandissante et réjouissez-vous d’y avoir contribué.

2) Que faire les soirs où l’enfant est encore excité ou angoissé?

Au moment du coucher, les enfants sont parfois encore énervés. Il est toujours utile d’en trouver la raison. Trop de sucre? D’expériences nouvelles pendant la journée ? D’autre part, il est possibile d’utiliser des outils pour aider votre enfant à retrouver son calme.

Les enfants peuvent être particulièrement sujets aux angoisses le soir également. Souvent, ils ne peuvent mettre de mots sur l’émotion. Ils disent qu’ils ont peur, que ce sont les monstres sous le lit qui les effraient. Ils contribuent ainsi à concrétiser ce sentiment difficile à saisir qui les envahit. Ils contrôlent un peu plus l’émotion en lui donnant une forme physique. D’ailleurs, c’est très pratique parce que cela permet de donner une explication aux adultes qui demandent ce qui leur fait peur.

Le rôle de l’adulte face aux angoisses

Si ces angoisses se manifestent régulièrement, notre rôle d’adulte consiste à rechercher la source d’angoisse. Il peut s’agir de tensions ou des changements que l’enfant vit en ce moment à l’école, à la crèche ou à la maison. Menez votre enquête auprès des adultes qui l’entourent et observez les changements dans votre foyer. Cela peut-être quelque chose qui semble anodin à un adulte.

Le soir, il s’agit d’apaiser ses angoisses. Ne rejetez rien de ses émotions ou des images qu’il/elle utilise. C’est sa réalité et il/elle vous fait le cadeau de vous confier ce qui est en lui/elle. Si vous désirez que votre enfant continue à vous faire confiance en la matière, ne le/la rembarrez pas !

Demandez-lui d’expliquer ce qui se passe dans son corps quand il/elle se sent comme cela. Revenez au corps pour que votre enfant se concentre sur ses sensations. Demandez-lui de respirer profondément et calmement et de se concentrer sur les régions du corps qui se font sentir. Vous pouvez également proposer de les masser. Votre enfant apprend ainsi à observer les réactions de son corps et vous lui donnez des outils pour s’apaiser. Voici encore quelques astuces pour lutter cotnre les angoisses et également contre l’excitation.

Davantage de contact physique

Expliquez à votre enfant que s’il/elle reste tranquille, vous lui gratterez le dos ou le/la masserez 5 ou10 mn.

Une alternative : dessiner des symboles ou des lettres dans le dos. Cela l’aidera à se détendre. Il y a de grandes chances qu’il/elle n’ait pas envie de se lever après cela.

Soumettez des propositions et fixez des limites

Les enfants reçoivent des ordres, des volontés à exaucer, des directives tout le journée. Il n’est pas étonnant que l’enfant veuille reprendre le contrôle au moment d’aller au lit. Sa boîte à patience et à coopération est vide. Que faire ? Donnez-lui le choix.

Les bienfaits d’émettre des propositions ou de l’inviter à en faire :
  • Cela montre à votre enfant que vous ne balayez pas ses angoisses, que vous les prenez au sérieux. Rassuré/e il elle peut se concentrer sur la recherche de solutions.

  • Cela l’encourage à chercher des solutions pour se calmer puisque qu’il / elle participe au processus. Il elle prend des décisions. Il / elle s’engage. Avec sa participation, non seulement vous le / la rendez plus autonome mais vous obtenez plus de coopération que si vous imposez tout. Ce qui éveille son désir de dormir, c’est la coopération et non la coercition.

Exemples de propositions :
  • Veux-tu que nous laissions la lumière dans le couloir ce soir et que nous achètions une veilleuse demain ?
  • Veux-tu que nous laissions la porte de la chambre ouverte ?
  • Veux-tu écouter une histoire / de la musique ?
  • Veux-tu que je repasse une fois, dans 5 mn ?
  • Est-ce que tu vas au lit tout de suite ou bien tu joues encore et tu éteins la lumière quand tu as fini / j’éteins la lumière dans 10 mn.
  • Ou bien as-tu une autre solution qui te ferait plaisir et qui nous assurerait que tu aies assez de temps de sommeil pour être en forme demain ?
Fixez les limites de ce qui est autorisé ou pas. Voici ce que vous pouvez envisager :

« Si tu en éprouves le besoin tu peux nous appeler deux fois ce soir. Après tu dors. Papa et maman ont besoin de se reposer. À tout moment nous sommes là, dans le salon. » Très certainement, votre enfant appellera une fois, pour voir si ce que vous dites est vrai et par joie de faire valoir son droit. Cela lui suffira peut-être. Rappelez-lui en tout cas qu’il ne reste plus qu’un appel possible, qu’il/elle a le choix, qu’il/elle peut aussi décider maintenant de laisser papa et maman tranquilles. Il/elle rappelle ? Ne vous énervez pas. C’était le contrat. Rappelez bien que maintenant c’est fini.

Que faire si votre enfant rappelle une troisième fois ? Il y a de grandes chances qu’il/elle vous teste. Ne voyez pas cela comme de la provocation mais plutôt comme l’exploration nécessaire des limites. Donnez-lui ce dont il/elle a besoin de savoir, c’est-à-dire que vous êtes là et que vous restez sur votre position. Derrière la porte, dites calmement et fermement : nous sommes là. Tu as déjà appelé 2 fois. Dors maintenant. Bonne nuit. S’il/elle récidive, dites derrière sa porte : dors ! S’il/elle rappelle à nouveau, ne plus rien dire. Pour la plupart des enfants, ça finit là.

D’autres enfants iront plus loin. S’il/elle se lève, prenez-le/la par la main, amenez-le/la calmement et fermement au lit, sans tarder, sans mot dire, sans câlin. Vous sentez l’énervement monter en vous ? Rappelez-vous que le fait de vous énerver et d’élever la voix va l’exciter et prolonger le coucher. Comme votre attitude calme et ferme n’est pas très amusante mais inébranlable, rassurante et apaisante, votre enfant se résignera à aller au lit.

3) Appréciez les progrès et exprimez votre gratitude

Tout peut rentrer dans l’ordre au bout d’un ou 3 soirs. Ensuite, vous devriez avoir des soirées tranquilles. Le lendemain matin, partagez avec votre enfant votre satisfaction pour les efforts et les progrès que vous avez constatés. Dites merci et expliquez que cela vous a fait du bien d’avoir une soirée paisible avec votre enfant d’abord puis seul/e ou avec votre partenaire avant d’aller au lit. Votre enfant appréciera de contribuer à votre bien-être.

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